ATELIER SUR LA COMPTABILITE DU CAPITAL NATUREL (comptabilité verte) ET SES APPLICATIONS A LA GESTION LOCALE DE L’ENVIRONNEMENT.

Le produit intérieur brut (PIB) est actuellement l’indicateur économique le plus utilisé pour évaluer le niveau économique d’un pays. C’est le reflet de la production de richesse effectués au sein du pays et durant une année. Toutefois, on recherche actuellement à rendre durable le développement des sociétés humaines. La durabilité étant la capacité de l’humain à satisfaire les besoins de la génération actuelle sans toutefois hypothéquer ceux des générations futures. En effet, les activités économiques humaines, pour la plupart, sont basées sur l’utilisation ou l’exploitation des ressources naturelles (énergie, eau, ressources minières, agriculture, …). L’exploitation non rationnelle de ces ressources pèserait donc lourd pour le bien des générations à venir. Or, le PIB ne donne n’informe que sur les échanges monétaires. Pour prendre en compte les impacts des activités sur l’environnement, on propose aujourd’hui d’adjoindre au PIB des comptes du capital naturel ou comptes verts afin de founir aux décideurs des tableaux synthétisant l’état de l’environnement et ainsi que son évolution. La division des statistiques des Nations Unies développe de plus en plus cette notion de comptabilité environnementale et économique. Le Sommet de la Terre (Rio, 1992) l’a déjà évoqué. La conférence des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (Aichi, 2010) va plus loin et propose de mettre en place dans chaque pays des comptes du capital naturel avant 2020. En Afrique, le Sommet des pays de l’Afrique Australe propose la mise en place d’un tel outil dans chaque pays (Déclaration de Gaborone, 2012).
La mise en place de ces comptes verts requiert la disponibilité d’un certain nombre de données de base telles les cartes d’occupation des sols ou d’autres données économiques. Nous devons donc faire en sorte que ces données soient disponibles d’une part, mais nous devons également nous former à la maîtrise technique de ce nouvel outil, d’autre part.
Mais, les chercheurs malgaches issus de l’Institut & Observatoire de Géophysique d’Antananarivo (IOGA) et du Département de Biologie et Ecologie Végétale (faculté des sciences) ont réussi à adapter les techniques de la comptabilité verte comme un outil de pilotage et de gestion local de l’environnement.

L’atelier que ces chercheurs organisent les 19 et 20 octobre 2015 à la Nouvelle salle de Thèse de l’Université d’Antananarivo, auquel sont conviés les responsables auprès des ministères de l’économie et de la planification, du ministère de l’environnement, du ministère de l’eau et bien entendu du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, des institutions nationales travaillant dans le domaines de l’environnement, des ONG et tous les chercheurs, est destiné à initier les techniciens et les décideurs à la comptabilité du capital naturel et ses utilisations macro-économiques et ensuite à leur montrer comment on peut utiliser ces mêmes outils pour gérer une aire protégée ou l’environnement d’une région administrative ou d’une éco-région.

Outre les chercheurs malgaches, un expert international en comptabilité nationale environnementale et économique, en la personne de Jean-Louis Weber, personnalité mondialement connue et reconnue dans le domaine, et un représentant du Global Development Network (GDN) (http://www.gdn.int), un organisme international basé en Inde seront présents à l’atelier.