ESSA : Comment les êtres humains affectent-ils la dynamique des maladies zoonotiques à Madagascar ?


CONFÉRENCE
Date et lieu : Lundi 17 Juin 2019 à 14 heures à la salle CIC de l’ESSA-Forêts
« Comment les êtres humains affectent-ils la dynamique des maladies zoonotiques à Madagascar ? »


Par
Professeur Randall Kramer
https://globalhealth.duke.edu/people/faculty/kramer-randall
Juli Plant Grainger Professor of Global Environmental Health
Deputy Director, Duke Global Health Institute
Nicholas School of the Environment, Durham, US



Résumé



Les écosystèmes naturels déclinent à un rythme sans précédent dans le monde entier, ainsi que les espèces animales et végétales sur lesquelles notre santé et de nos moyens de subsistance dépendent. Ces pertes sont causées par les humains. Étant donné l’importance des changements climatiques, il est important d’identifier les actions susceptibles d’améliorer la conservation de la nature, tout en améliorant la santé humaine. Cette présentation traitera de la manière dont les activités humaines modifient les communautés écologiques et influent sur le risque de maladies infectieuses près du parc national de Marojejy, dans le nord-est de Madagascar. Nous combinons (i) des méthodes avancées en sciences sociales pour étudier les facteurs de la prise de décision en matière d’utilisation des terres et (ii) des analyses écologiques pour déterminer dans quelle mesure ces décisions d’utilisation des terres affectent la transmission de maladies infectieuses zoonotiques chez les petits mammifères, les animaux domestiques et les humains. L’équipe de recherche ont mené des travaux de terrain préliminaires dans un village en 2017 et 2018, notamment des enquêtes auprès des ménages, des enquêtes sur les réseaux sociaux et le piégeage de petits mammifères afin de détecter les parasites et les agents pathogènes. Les résultats montrent que le taux de prévalence est élevé (+ 40%). Nous avons construit un réseau social de 500 personnes pour étudier les schémas de risque de maladie sur la base de relations des travaux agricoles. En outre, l’équipe a capturé 552 petits mammifères et a constaté des variations d’abondance et de diversité suivant un gradient d’utilisation des terres. Les espèces non indigènes ont une abondance relative et totale plus élevée dans les champs agricoles, avec une abondance relative la plus élevée d’espèces introduites dans les zones de production non-durables. La prévalence de Leptospira, une bactérie pathogène transmise par l’urine et l’eau contaminée, était quatre fois plus élevée dans les rizières que dans les forêts ou les champs de brûlis à flanc de colline. Ces résultats sont consistants avec notre hypothèse selon laquelle les changements d’utilisation des terres et de la biodiversité peuvent influer sur la santé animale, ce qui peut à son tour affecter le risque de maladie chez l’homme. Nous étendons maintenant la collecte de données écologiques et socio-économiques à d’autres villages et développons des méthodes de choix discrets pour mieux comprendre le processus décisionnel des agriculteurs en matière de pratiques agricoles durables.


Mots clés : Conservation, santé, utilisation des terres, agriculture durable


Votre présence est vivement souhaitée.


Cordialement,



Volet Recherche
Département des Eaux et Forêts - Mention Foresterie et Environnement
Tél : + 261 20 24 742 49 ; +261 33 08 852 35
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Ecole Supérieure des Sciences Agronomiques
Université d’Antananarivo