Institut de Civilisation Musée d’Art et d’Archéologie

 
  • Conférence du mois de juillet
  • Intervenant  : Dr Samuel F. Sanchez
  • Lieu : ICMAA (Institut de Civilisations Musée d’Art et d’Archéologie) 17 rue Dr Villette Isoraka
  • Date : 29 juillet 2016 à partir de 10h
  • Thème : Y-a-t-il un grenier à riz malgache dans l’océan Indien ? Mutations économiques du marché des céréales dans l’océan Indien aux 19e et au début du 20e siècle.


Le chercheur :


Samuel F. Sanchez est historien, Maître de Conférences en Histoire à l’Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne. Ses recherches actuelles portent sur une histoire quantitative de l’économie de cette région aux 19e et 20e s.


Résumé de la conférence


Depuis au moins la fin du premier millénaire, le riz constitue à Madagascar une céréale fondamentale, à la fois comme nourriture quotidienne et comme production agricole dans laquelle la plupart des ruraux sont impliqués. Aujourd’hui, la production rizicole locale est perçue comme une sorte de baromètre de la santé et de l’indépendance économique du pays. Les fluctuations du prix du riz sont un objet de conversation quotidien et il est fréquent que les journaux pointent du doigt l’augmentation des riz d’importations sur les marchés, notamment pakistanais ou thaïlandais, synonyme supposés de la dégradation de la situation économique du pays et de son degré de dépendance croissant. Ce phénomène de dépendance est souvent présenté comme récent. Il s’appuie sur une vision décliniste de l’histoire de la Grande Île prétendant que Madagascar était autrefois un grenier à riz performant, devenu depuis les années 1970 incapable de subvenir aux besoins de ses habitants.


Notre objectif dans cette intervention est d’aller au-delà de ce stéréotype et d’historiciser le commerce du riz malgache sur la longue durée, du début du 19e siècle au début du 20e siècle. L’historiographie a souvent mentionné l’importance de Madagascar dans le ravitaillement en céréales des Mascareignes et de l’Afrique orientale, mais aucune recherche ne s’est portée spécifiquement sur ce sujet. Dans la longue durée, le riz semble avoir constitué un des plus anciens produits d’échange avec le continent africain. Les échelles du Nord-Ouest en particulier constituaient d’importantes interfaces entre les zones productrices de la céréale et les zones de consommations des Comores, de l’Est africain swahili et même du Nord de l’océan Indien (Mer Rouge, Golfe Persique). Du point de vue des Mascareignes, la Grande Île est souvent présentée comme un important point de ravitaillement pour des îles ayant relativement peu de ressources vivrières pour une population rendue nombreuse par le développement d’une économie de rente esclavagiste. Au cours du long 19e siècle, les mutations dans la région sont nombreuses, tant politiques qu’économiques.


Je propose, en recourant à des statistiques et des sources qualitatives (récits de voyages, rapports administratifs, etc.) de mesurer les flux et les reflux du commerce du riz malgache dans l’océan Indien. Quels étaient les ports qui en dépendaient, à quelle hauteur, de quelles régions précisément ? Madagascar n’a pas toujours été excédentaire en riz et la destination des exports a varié au cours des phases de l’intégration de Madagascar dans différents cycles de mondialisations.


J’envisagerai également l’évolution des réseaux de commerce de riz sur les côtes malgaches, en portant une analyse particulière sur les différents groupes sociaux impliqués dans ce commerce.


Enfin, je m’interrogerai sur une combinatoire possible entre rythmes économiques des exportations de riz et temporalités du politique à Madagascar. J’aborderai la question sous l’angle du contrôle de la ressource par les différents pouvoirs à Madagascar et traiterai également l’impact de la conquête française sur le commerce extérieur de la céréale.


L’existence d’un marché du riz indianocéanique pose question et doit être repensé, tant il apparaît à l’épreuve des sources que la consommation de céréales dans l’océan Indien a été mondialisée de manière relativement précoce.


A propos du Musée d’Art et d’Archéologie


Affiliation  : Université d’Antananarivo


Date de création : 1970


Spécialité : Musée ethnographique, archéologique, et art


Présentation : Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université de Madagascar en 1970, musée de l’Université d’Antananarivo, Institut de Civilisations/ Musée d’Art et d’Archéologie depuis 1990, l’IC-MAA est un centre de recherche et un espace de communication, de rencontre, entre enseignants et chercheurs de plusieurs disciplines, pour la défense du patrimoine culturel national.


A ce titre, il mène des opérations de conservation d’objets muséaux et de leur diffusion, et des activités de recherches archéologiques et historiques. Les résultats sont publiés dans la revue « Taloha » (www.taloha.info), dans la série « Travaux et document », dans des catalogues d’expositions ou encore dans le cadre de colloques, de séminaires, d’exposition ou simplement d’enseignement universitaire.


Services et activités :

  • Montages d’expositions permanentes et à thèmes, sur les plans nationaux et internationaux
  • Laboratoires de : conservation et restauration d’objets ethnographiques, archéologiques ; d’archéologie et zoo-archéologie ; d’ethno-musicologie ; de dessin
  • Centre de documentation : Bibliothèque, cartothèque, photothèque, documentation spécialisée sur l’archéologie, l’anthropologie, l’histoire ancienne
  • Formations et encadrements pour les techniciens de musées, sur le plan national et international.
  • Programme éducatif : visites guidées pour les scolaires, (sur rendez-vous) ; animations en salle (Ateliers, séminaires, conférences-débats, exposés sur des faits historiques ou culturels, séances de contes pour les enfants, projections de films ou de diapositives, etc.
  • Fouilles archéologiques organisées pour les étudiants des Universités (Antananarivo, Toamasina, Toliara…)
  • Archives sur bandes magnétiques et sur cassette, et archives numériques.
  • Enquêtes ethnologiques sur différents aspects de la culture malagasy
  • Films documentaires ethnographiques sur des cérémonies et pratiques traditionnelles (Fitampoha, Sambatra, Tsangan-tsaina, Hira gasy, Famadihana, Pratiques rituelles, Kabarom-biavy Tanala, Jumeaux de Mananjary…).


Aide à la création de musées Universitaires dans les autres Régions, et de Musées privés :

  • Musée CEDRATOM de l’Université de Tuléar, 1984
  • Musée CEREL de l’Université de Toamasina, 1991
  • Musée FANIAHY de l’Université de Fianarantsoa, 1993
  • Musée AKIBA de l’Université de Mahajanga, 1993
  • Musée privé Arembelo Androy Berenty, 1995
  • Musée Andohahela – Taolanaro, 1997
  • Musée « Vazimba » de la commune d’Alasora Antananarivo, 1998
  • Musée flottant, (Canal de Pangalanes) comprenant bibliothèque, en collaboration avec les Universités de Fianarantsoa et de Toamasina, 1999
  • Musée LAMPY de la commune de Fénérive-Est à Toamasina, 2000
  • Musée d’Andasibe-Moramanga, 2001
  • Musée de l’Anosy (Fort Flacourt), 2001
  • Musée privé de Lohavohitra, 2004
  • Musée du Port de Toamasina 2006
  • En cours : Musée de la Mairie de Sainte-Marie, en collaboration avec le Musée de l’Université de Toamasina ; Musée de la Tranovato à Taolanaro ; et Musée de l’armée à Antananarivo.


STAFF :

  • Direction : Docteur Lala Modeste RAKOTONDRASOA
  • Chef de service personnel : Jacky RAVONINJATOVO


Adresse : 17, rue du Dr. Villette, Isoraka – BP 564 Antananarivo 101 Madagascar


Contacts  :  : +261 020 24 221 65, musedar@gmail.com, lmodesterakotondrasoa@gmail.com  ;