Le poivre sauvage "Tsiperifery" de Madagascar : une voie à explorer pour la valorisation durable

Les animations scientifiques continuent pour le DP-forêts-biodiversité (Dispositif de recherche et d’enseignement en partenariat. Une conférence est donnée toutes les deux à trois semaines. L’événement est thématique et s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre l’Université d’Antananarivo, le Cirad et la Fofifa. Le vendredi 19 février dernier, la discussion s’est portée sur les « Signes de provenance et de qualité, une voie à explorer pour la valorisation durable du poivre sauvage à Madagascar », qui a eu lieu au DRFP FOFIFA d’Ambatobe.

Elle a vu la participation d’Harizoly Razafimandimby et Anne Gaëlle Bénard, chercheurs dans le domaine de la géographie et de l’agronomie. D’après les études menées par ces intervenantes, le poivre sauvage de Madagascar, connue sous le nom de « tsiperifery » est une espèce endémique de Madagascar qui appartient au genre Piper. Son fruit a sa place au rang des épices les plus savoureuses du monde. Madagascar en exporte, mais le produit n’est pas encore connu sur le marché faute de nom scientifique (dont la recherche est en cours).

La recherche démontre une carte d’hébergement de l’espèce qui s’étend sur la partie centrale et Est de l’île. Il se trouve que ces espèces ne sont pas encore répertoriées selon leurs diversités de morphotype. L’étude a confirmé que ce sont les arbres à petit baie qui sont les plus recherchés pour le goût de leurs fruits. Or, certains des cueilleurs ne savent pas les différencier, vu la difficulté de la récolte, sachant qu’ils doivent marcher pendant plusieurs heures pour à la rencontre des pieds de poivre. Le marchandage du « tsiperifery » est l’une des principales sources de revenu des cueilleurs, raison pour laquelle ils abattent les pieds d’arbre pour obtenir un maximum de rendement.

Cette pratique met en danger la survie de l’espèce, d’où l’instauration de ces projets de recherche dans un but de conservation et d’exploitation responsable par les populations locales. La présentation s’intéresse à plusieurs facettes de ce poivre sauvage de Madagascar, qui est considéré comme un produit agricole. La négligence dans le système de conservation lors des de profit sur le plan financier.

Les premiers exploiteurs vendent le produit à 1500 Ariary à 3000 Ariary le kilo, ou à moins d’1 Euro ; et de leur côté, les intermédiaires vendent le produit à 100.000Ariary, soit 34 Euros le kilo. Le « tsiperifery »suscite peut-être l’engouement, mais il peut surtout représenter un potentiel énorme pour certains secteurs de développement du pays. En somme, il mérite d’être conservé.