Huiles essentielles et exportation du clou de girofle : Madagascar tient la place des deux premiers


Chaque vendredi après-midi est consacrée une conférence organisée par le CIRAD et le domaine Sciences Agronomiques et Environnementales. Le 18 décembre dernier, le Docteur Gaylor Razafimamonjisoa, enseignant chercheur en agroalimentaire est l’intervenant de la conférence. Il a exposé un documentaire sur la production et la transformation du clou de girofle dans la région d’Analanjirofo. Ensuite, Gaylor a eu l’occasion de présenter l’objet de sa thèse de doctorat sur l’optimisation de la transformation des clous du girofle. Il a accordé un interview à Akon’Ambohitsaina.



Akon’Ambohitsaina : Pourriez vous nous donner des détails de cette conférence-débat ?
Dr Gaylor : Nous avons évoqué le cas du girofle à Madagascar, sachant qu’on est classé deuxième sur le marché international dans sa culture, et premier dans le domaine de l’exportation de ses produits dérivés.
AA : Où sont donc envoyés nos produits du girofle ?
Dr Gaylor : Il existe deux principaux produits du girofle : le clou de girofle, et l’huile essentielle obtenue à partir de ses feuilles. Le clou de girofle est principalement exporté en Indonésie, aux environs de 80%. Ils s’en servent pour la fabrication de cigarettes. Madagascar exporte vers 11 000 tonnes de clou de girofle et 1 500 tonnes d’huile essentielle, en majorité en Indonésie.
AA : Y aurait-il d’autres usages ?
Dr Gaylor : Le clou de girofle est une épice, beaucoup s’en servent en cuisine mais aussi dans le domaine de la médecine, en l’occurrence les soins dentaires. De même pour l’huile essentielle, mais elle est surtout utilisée pour la production de vanilline, matière première pour la synthèse de différents parfums.
AA : Pouvez-vous nous faire part du produit de vos trois années de recherches ou plus, sur le girofle ?
Dr Gaylor : Madagascar doit absolument rester sur ce rang dans la production et l’exportation du girofle. Cependant, la qualité du girofle affiche une perpétuelle régression. Mes recherches m’ont alors permises de trouver des solutions prometteuses pour garder notre rang international, et afin de reconnaître les défauts pour remonter dans la qualité de production.
AA : Selon ces recherches, quels peuvent êtres les solutions pour obtenir les meilleurs clous de girofle et huile essentielle ?
Dr Gaylor : Il y a plusieurs étapes à suivre pour pouvoir arriver au produit espéré, mais en résumé, c’est assez simple. L’huile essentielle provient de la feuille de girofle, et on a pu déterminer les feuilles convenables, c’est-à dire bien mûres. Il faut les faire sécher, non au soleil mais plutôt à l’ombre. Cela pour obtenir une quantité satisfaisante d’huile.
AA : Combien de temps faut-il pour ce séchage ?
Dr Gaylor : Pas plus de 7 jours, afin de ne pas perdre toute l’huile contenue par les feuilles et rendre mauvaise la qualité de l’huile obtenue. Et enfin, les recherches proposent des modifications pour les marmites alambiquées. Cela dans le but d’avoir un gain de qualité et de quantité d’huile.