« Semaine de la Télédétection » - Formation sur logiciels libres - Réunion des membres du collège RAMI avec partenaires techniques


Sous le parapluie du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, avec la participation active de l’Université d’Antananarivo et de ses chercheurs, et rentrant dans le cadre des activités autour du Sommet de la Francophonie, une ‘Semaine de la Télédétection’ a été organisée à Madagascar afin, d’une part, de convaincre les décideurs à tous les niveaux de la nécessité d’intégrer dorénavant l’existence de cet outil dans les processus de prise de décision ; et d’autre part, de réfléchir sur la meilleure manière d’organiser ce domaine afin que toutes les applications possibles et imaginables puissent en profiter.


Cette semaine de la télédétection visait toutes les franges des utilisateurs et de bénéficiaires des données spatiales. Elle a été divisée en trois parties : 2 journées de formations, 2 journées de présentation scientifiques et 2 journées de réflexion sur l’organisation du domaine géospatial à Madagascar.


Pendant les deux journées de formation, plusieurs dizaines de personnes ont suivi avec grand intérêt et assiduité les deux formations gratuites tenues parallèlement sur deux sites de l’Université d’Antananarivo, à l’Institut & Observatoire de Géophysique d’Antananarivo (IOGA) et au Campus Numérique Francophone de l’AUF à Ambohitsaina. La formation organisée à l’IOGA a été animée par les jeunes chercheurs de l’IOGA. Elle a été consacrée à l’utilisation d’un logiciel libre de traitement des images spatiales, le logiciel ILWIS développé par l’institut ITC, International Institute for Geo-Information Science and Earth Observation à Enschede, une faculté de l’Université de Twente. Ce logiciel libre et gratuit, comme tant d’autres, est pleinement accessible sur internet. Il possède les fonctions essentielles pour traiter les images satellites usuels. Notons au passage que le CNT, un réseau d’institutions malgaches ou internationales utilisatrices d’images spatiales animé par les chercheurs de l’Université d’Antananarivo et du CNRE, avait déjà organisé plusieurs formations sur l’utilisation de logiciels libres tels OTB. La deuxième formation a été animée par un ingénieur de l’agence spatiale européenne (ESA) basé à Frascati (Italie) et le directeur de Gael System, une société partenaire de l’ESA. Cette formation concernait l’accès aux données gratuites de l’agence européenne telles les images SENTINEL 1 et SENTINEL 2. En effet, les images-satellites sont de plus en plus nombreuses à être également libres et gratuites à la suite de la politique prônée par le gouvernement américain sur toutes les images LANDSAT. L’ESA a adopté la même politique de données pour toutes les données les constellations de satellites SENTINEL. Peu de personnes le savent pourtant. Les participants ont pu s’initier aux arcanes de l’accès aux données. En effet, l’accès aux données constitue toujours la première barrière dans l’utilisation régulière des données d’observation de la terre.


Ensuite, durant deux jours et demi, des jeunes chercheurs ont présenté les résultats de leurs travaux de recherche. Ce sont pour la plupart des doctorants soutenus par le Collège Doctoral RAMI, un programme ‘Horizons francophones’ de l’AUF, mais d’autres chercheurs (comme ceux du Laboratoire des Radio Isotopes –LRI, par exemple) ou pratiquants de la télédétection (comme le Foibe Taosarintan’i Madagasikara-FTM) ont également rejoint le mouvement. Les doctorants RAMI sont des jeunes majoritairement malgaches, mais aussi comoriens ou sud-africains, rattachés à des laboratoires de recherche de l’Université d’ Antananarivo, de l’Université de Toliara, de l’Université de la Réunion, de l’Université de Kwazulu-Natal, Durban ou de l’Université d’ Angers. Les thèmes des recherches ont porté sur un large spectre d’applications allant de l’environnement terrestre et littoral, l’océanographie, l’atmosphère, l’hydrologie spatiale, les sols à la santé publique. Les résultats présentés ont bien montré les capacités de nos jeunes chercheurs et des laboratoires qui les accueillent à se mettre au niveau des recherches internationales.


Pour la dernière partie de la semaine et durant une journée et demie, plusieurs personnes ont pu débattre de la situation actuelles à Madagascar sur l’utilisation des images spatiales, s’échanger sur les expériences dans plusieurs pays comme au Gabon, à la Réunion ou en Haïti. Les participants ont proposé la mise en place d’un centre nationale de ressources géospatiales pour rassembler toutes les données-satellites sur Madagascar et ainsi en faciliter encore plus l’accès, pour assurer le renforcement des capacités nationales dans l’exploitation de ces données et assurer une veille technologique nécessaire pour un domaine en évolution permanente. Ce dernier événement a eu lieu dans les locaux de la Banque Mondiale à Anosy. Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Monsieur le Président de l’Université d’Antananarivo, Mme le Représentante de la Banque Mondiale à Madagascar, Monsieur le Conseiller à la Coopération Culturelle et Scientifique auprès de l’Ambassade de France, Mme la Représentante de l’IRD à Madagascar et dans l’Océan Indien, Monsieur le Représentant de l’AUF dans la région de l’Océan Indien ont assisté à cet atelier et à la cérémonie de clôture.


Nous espérons que cette semaine bien remplie durant laquelle on a parlé de la télédétection sous plusieurs angles aura permis à chacun de se situer dans ce domaine transversal. Si nous avons alors convaincu les décideurs de tous les niveaux de tenir compte de ces outils disponibles quoique de haut niveau technique dans leurs processus de prise de décision ; si nous avons convaincu chaque technicien qu’il peut accéder aux images et en tirer des informations utiles sans obligatoirement avoir recours à un expert international ; si nous avons convaincu chaque chercheur que son implication est nécessaire pour une exploitation encore plus profonde des images spatiales ; si nous avons convaincu chaque étudiant qu’il peut toucher, manipuler ces objets, fruits de la technologie spatiale, dans son propre pays, alors cette semaine de la télédétection n’a pas été inutile.


Prof. Solofo Rakotondraompiana
Laboratoire de Géophysique de l’Environnement et Télédétection, IOGA
Université d’Antananarivo.