Thèse HDR - Faculté des Sciences : Maîtriser les bioagresseurs

Madagascar a connu ces dernières années des cas d’émergence de dengue, de chikungunya et de fièvre de la vallée du Rift avec des impacts humains et animaux avérés. Les changements globaux sont les causes de la recrudescence de ces bioagresseurs, acariens et insectes ravageurs, qui constituent un frein au développement agricole du pays. Heureusement, la richesse et la diversité floristique et faunistique de Madagascar offrent différents moyens biologiques pour maîtriser les bioagresseurs. Des extraits aqueux et organiques d’Annona squamosa et An.muricata ont montré leur efficacité sur les larves et adultes d’Aedes albopictus, principal vecteur de la dengue et du chikungunya, et de Culex quinquefasciatus, vecteur de la fièvre de la vallée du Rift à Madagascar. Ces extraits végétaux s’avèrent plus performants que les insecticides de référence utilisés actuellement. Ainsi, les extraits d’Azadirachta indica ont montré un effet remarquable, au même titre que les néonicotinoïdes de synthèse (Imidaclopride,Clothianidine, Thiametoxan),contre les vers blancs. De même, l’utilisation de variétés tolérantes et une bonne gestion de l’habitat par un choix judicieux de plantes de couverture, ou associées au riz, sont des techniques agroécologiques valables contre les Lépidoptères foreurs de tige. La recherche de souches d’abeilles tolérantes au Varroa est aussi une solution à moyen terme pour
minimiser l’effet néfaste de cet acarien parasite. L’existence de deux clusters et cinq subclusters géographiques différents augmenterait la chance de pouvoir sélectionner une ou des souches d’abeilles tolérantes au Varroa. Les organismes associés aux moustiques peuvent être également utilisés en lutte biologique. Parmi les bactéries recensées chez Aedes albopictus, Wolbachia peut influencer sa reproduction.