Web ranking des Universités : Où Ie bât blesse

Issus d’une variété de sources, différents c1assements des universités en Afrique ont été repris ces deux dernières semaines par les titres de la presse, locale et régionale, pour constater Ie " mauvais score" de l’Université d’Antananarivo et servir aux lecteurs les cliches, pour Ie moins convenus, des" paramètres" qui auraient mené cette institution " naguère fleuron de I’ enseignement dans I’ océan Indien " – au bas du c1assement. Le propos n’est pas de contester la crédibilité des palmarès établis mais d’attirer I’ attention sur la diversité des critères utilises et Ie choix de la méthodologie. Ce que traduit, d’ailleurs, la disparité observée entre les " rankings " : au 4ge rang dans Ie Top 100 des Universités et Collèges en Afrique (2014), établi par University Web Ranking, l’Université d’Antananarivo est c1assee 83e par Afrik.com, 87e par Social Capital Gateway - qui font, pourtant, tous deux référence au même site University Web Ranking (http://wwwAicu.org/topAfrica/) -, ou encore, 98e sur 1325 établissements universitaires, selon Webometrics.info, qui est un démembrement du classement mondial dit de Shanghaï (édité par l’Université Jiaotong), spécialisé dans Ie classement des universités africaines.

Si Webometrics.info a recours a des critères objectifs tels que Ie nombre de publications et de lauréats, la fréquence de citations des chercheurs et les parutions dans les revues scientifiques, University Web Ranking fonde son classement sur des indicateurs de qualité des sites web des universités, qui tiennent compte de leur dimension, de leur visibilité dans les moteurs de recherche et de la richesse de contenus. Les auteurs expliquent notamment qu’Internet est, maintenant, un des moyens fondamentaux pour la diffusion de la connaissance, surtout au niveau académique, et par conséquent, I’ évaluation des activités universitaires doit tenir compte de la capacité des établissements a utiliser Ie réseau pour améliorer leur visibilité.

On notera que Ie c1assement de Shanghaï, qui est publie depuis 2003, fait I’ objet de nombreuses critiques sur sa méthodologie, en privilégiant notamment la recherche dans les sciences exactes, au détriment de I’ enseignement, par I’ adoption de critères tels que Ie nombre de prix Nobel attribues aux anciens élèves ou aux chercheurs de I’ université, Ie nombre de médailles Fields (équivalent du Nobel pour les mathématiques), ou encore, les articles publies dans les revues exclusivement anglo-saxonnes, comme " Nature" et "Science ".